Comment les traumas de nos ancêtres sculptent nos cellules
- 2 févr.
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Savez-vous que vous portez en vous des souvenirs qui ne vous appartiennent pas ? Bien avant votre premier souffle, votre biologie avait déjà "appris" des leçons de survie héritées de vos parents, grands-parents et au-delà.
Ce n'est plus seulement une intuition de psychothérapeute, c'est une réalité biologique.
1. L’épigénétique : Le dictionnaire de nos gènes
Contrairement à une idée reçue, notre destin n'est pas figé par notre code génétique. Imaginez que votre ADN soit une partition de musique : l'épigénétique est le chef d'orchestre. Il décide quelles notes jouer fort (expression du gène) et lesquelles taire.
Lorsqu'un ancêtre vit un traumatisme majeur (guerre, famine, deuil non fait), son système nerveux s'adapte pour survivre. Cette adaptation laisse une empreinte chimique sur ses cellules germinales (ovules et spermatozoïdes).
2. La mémoire cellulaire de la survie
Ces marqueurs épigénétiques sont transmis aux générations suivantes. Pourquoi ? Pour nous préparer à un environnement supposé "dangereux".
L'avantage : Une hyper-vigilance qui aurait pu sauver votre grand-père en temps de guerre.
Le revers de la médaille : Une anxiété généralisée, des phobies inexpliquées ou une fragilité immunitaire dans un monde qui, pourtant, est aujourd'hui en paix.
3. Missions de vie et "Loyautés Invisibles"
Cette mémoire ne se contente pas d'influencer notre santé ; elle dicte souvent nos comportements.
En psychogénéalogie, on observe que nous héritons de "missions" pour compenser les manques du passé :
La mission de réparation : Devenir médecin parce qu'un ancêtre est mort faute de soins.
La mission de remplacement : Porter le poids d'un enfant décédé avant notre naissance.
Le syndrome d'anniversaire : Vivre des événements marquants aux mêmes âges que nos ancêtres.
4. Se libérer pour ne plus transmettre
La bonne nouvelle est que ces marqueurs sont réversibles. Puisque l'épigénétique réagit à l'environnement, un travail de libération symbolique, une thérapie adaptée ou même un changement radical de mode de vie peut "éteindre" ces gènes de stress.
En prenant conscience de ces schémas, nous cessons d'être des victimes de notre lignée pour en devenir les guérisseurs.
Les constellations familiales et systémiques permettent de mettre fin à ces transmissions.
Idées de lectures sur ces sujets :
"Aïe, mes aïeux !" de Anne Ancelin Schützenberger
"Le traumatisme en héritage" de Rachel Yehuda (ou ses conférences TED/podcasts)
"Ce n'est pas commencé avec toi" de Mark Wolynn
"La Métagénéalogie" de Alexandro Jodorowsky







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